Cahier des charges de site web : le modèle court et ce qu’il contient
Comment écrire le cahier des charges d’un site web en deux pages : les sept rubriques utiles, un modèle à copier et les erreurs qui faussent les devis.
En bref. Un bon cahier des charges de site web tient souvent en deux à cinq pages. Il dit à qui s’adresse le site, ce qu’il doit produire, quelles pages et quels outils sont prévus, ce qui est fourni par vous, ainsi que le budget, les délais et la façon de valider la livraison. Il décrit des besoins, pas des solutions techniques.
Un cahier des charges n’a pas besoin de faire quarante pages pour être utile. Sa mission est simple : que plusieurs prestataires comprennent la même chose et chiffrent le même projet. Ce guide donne les sept rubriques utiles, un modèle à copier et les erreurs qui faussent le plus souvent les devis.
À quoi sert vraiment un cahier des charges ?
Il remplit trois fonctions. Il vous oblige d’abord à prendre des décisions avant de dépenser, ce qui est souvent son plus grand bénéfice. Il rend ensuite les devis comparables, car deux propositions peuvent couvrir des choses très différentes. Il sert enfin de référence à la livraison : ce qui y est écrit peut être vérifié.
Il n’a pas à tout prévoir. Un prestataire compétent doit pouvoir challenger votre structure et proposer mieux. Décrivez donc ce que vous voulez obtenir, et laissez-lui le choix des moyens. Écrire « les visiteurs doivent pouvoir demander un devis en moins d’une minute » est plus utile qu’imposer un outil de formulaire précis.
Quelles rubriques faut-il inclure ?
1. L’entreprise et le contexte
En quelques lignes : ce que vous vendez, à qui, vos concurrents principaux et ce qui motive le projet maintenant. Si un site existe déjà, indiquez son adresse et ce qui ne va pas.
2. L’objectif, avec un chiffre si possible
Un seul objectif principal. « Moderniser notre image » ne permet pas de savoir si le projet a réussi. « Recevoir des demandes de devis qualifiées via le site, alors que nous n’en mesurons aucune aujourd’hui » le permet.
3. Les visiteurs et leurs questions
Pour chaque type de visiteur, notez ce qu’il cherche et ce qui le ferait vous contacter. Un acheteur industriel ne pose pas les mêmes questions qu’un candidat. Ces questions alimenteront la structure et les textes.
4. Le périmètre du site
Listez les pages prévues, les types de pages différents, les langues et les fonctions : formulaire, recherche, espace client. Listez aussi ce qui est exclu : c’est une ligne qui évite beaucoup de discussions.
5. Les outils à relier
CRM, e-mailing, outil de prise de rendez-vous, ERP, paiement. Pour chacun, précisez le nom de l’outil et ce qui doit circuler. « Relié au CRM » ne suffit pas : indiquez quels champs vont où et qui reçoit l’alerte.
6. Les contenus
Qui écrit les textes, qui fournit les photos, qui valide. Si des contenus existants doivent être repris, donnez leur volume. C’est la rubrique la plus souvent oubliée et une cause fréquente de retard.
7. Le budget, le calendrier et la validation
Votre fourchette de budget, la date qui compte vraiment et pourquoi, le nom de la personne qui tranche, et les critères de recette, c’est-à-dire ce qui sera vérifié avant d’accepter la livraison.
Quelles exigences oublie-t-on le plus souvent ?
Ces points coûtent peu quand ils sont prévus dès le départ, et bien plus s’ils sont ajoutés après la mise en ligne.
La reprise du trafic existant. Si vous remplacez un site, demandez la liste des anciennes adresses et un plan de redirections. Klickbee le formule bien dans un diagnostic anonymisé réalisé avant une refonte : une page, une redirection ou un événement de mesure prévus dans le cahier des charges ne coûtent qu’une ligne, alors qu’oubliés ils se paient page par page.
La mesure. Quels événements seront suivis : envoi de formulaire, clic sur un numéro, téléchargement ? Qui aura accès aux données ? Le consentement est-il géré conformément aux règles applicables ?
La vitesse. Fixez une cible vérifiable. Google recommande un affichage du contenu principal en 2,5 secondes ou moins, et une réponse aux interactions en 200 millisecondes ou moins, mesurés sur 75 % des visites.
L’accessibilité. Si vous vendez en ligne aux particuliers, vous pouvez être soumis à des obligations précises. Notre article sur les règles d’accessibilité fait le point. Dans tous les cas, demandez un niveau cible.
La propriété. Écrivez que le domaine, l’hébergement, les comptes et les licences seront à votre nom, et demandez une cession écrite des droits. Notre guide sur la propriété du site explique pourquoi.
L’autonomie. Quelles modifications votre équipe doit-elle pouvoir faire seule ? Créer une page, changer un tarif, publier un article ?
Le modèle à copier
Reprenez cette trame dans un document et remplissez-la. Deux heures suffisent souvent à obtenir une première version.
Entreprise : ce que nous vendons, à qui, nos trois concurrents principaux.
Objectif : ce que le site doit produire, comment nous le mesurerons.
Visiteurs : les types de visiteurs, avec leurs trois principales questions.
Périmètre : liste des pages et des gabarits, langues, fonctions. Hors périmètre : ce qui n’est pas prévu.
Outils : chaque outil à relier, avec les données échangées.
Contenus : qui écrit, qui fournit les visuels, qui valide, ce qui est repris de l’ancien site.
Exigences : redirections, mesure, vitesse, accessibilité, autonomie de l’équipe.
Propriété : domaine, comptes, licences et code à notre nom, droits cédés par écrit.
Budget et calendrier : fourchette, date clé et raison de cette date, décideur unique.
Réponse attendue : ce que nous voulons recevoir, avec un prix par poste et la date limite de réponse.
Quelles erreurs faussent les devis ?
Imposer la technologie sans raison. « Le site doit être en Next.js » ferme la porte à des solutions plus simples. Sauf contrainte réelle, indiquez le besoin et demandez une justification de l’outil proposé.
Copier la liste de fonctions d’un concurrent. Votre concurrent a peut-être une fonction que personne n’utilise. Partez de vos visiteurs, pas de son site.
Tout mettre en priorité haute. Classez vos demandes en « indispensable au lancement », « utile plus tard » et « si le budget le permet ». Vous saurez quoi couper quand les devis arriveront.
Oublier ce que vous fournissez. Un calendrier ne tient que si vos textes et vos validations arrivent à temps. Indiquez vos propres délais, en toute franchise.
Envoyer le document sans échange. Prévoyez un appel avec chaque prestataire retenu. La qualité de ses questions vous en dira souvent plus que sa proposition. Si vous hésitez encore sur le type d’interlocuteur, notre comparaison agence ou freelance peut vous aider.
Comment utiliser le document une fois écrit ?
Envoyez le même document à trois ou quatre prestataires, avec la même date limite. Au-delà, le temps passé à comparer les réponses dépasse souvent ce que vous y gagnez. Demandez une réponse structurée par poste, ce qui vous évitera de démêler des propositions présentées chacune à leur façon.
Gardez ensuite une version à jour. Une fois le prestataire choisi, le cahier des charges et sa proposition doivent former une seule référence, annexée au contrat. Toute modification en cours de projet devrait y être notée, avec sa conséquence sur le prix et sur la date. Cette discipline paraît lourde au début, mais elle tient en quelques lignes et clarifie les discussions.
FAQ
Questions fréquentes
Faut-il un cahier des charges pour un petit site ?
Oui, mais une seule page peut suffire : objectif, liste des pages, qui écrit les textes, budget et date. Même sur un petit projet, cette page évite la plupart des malentendus au moment de la livraison.
Faut-il donner son budget dans le cahier des charges ?
Oui, au moins une fourchette. Sans elle, les prestataires devinent et leurs propositions ne sont pas comparables. Ceux dont les prix sont trop éloignés de votre enveloppe pourront vous le dire tout de suite.
Qui doit rédiger le cahier des charges ?
La personne qui porte le projet, avec les équipes qui utiliseront le site, comme le commercial et le marketing. Un prestataire peut vous aider à le structurer, mais les objectifs et les priorités doivent venir de vous.